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Dans la Cour Migneret, le réalisateur Jean-Marie Fawer dispense ses conseils aux participants au projet.
Dans la Cour Migneret, le réalisateur Jean-Marie Fawer dispense ses conseils aux participants au projet.
Pourtant, que ma cité est belle
Des habitants du Port-du-Rhin se proposent de valoriser l'image de leur quartier dans un documentaire dont ils sont les auteurs-acteurs.

Madeleine a choisi d’être filmée sur les bords du Rhin, loin de la grisaille, des usines et des entrepôts désaffectés. Dans un coin de verdure, elle raconte son arrivée au Port-du-Rhin, il y a 15 ans. Comment elle et son mari, anciens bateliers, ont jeté l’ancre dans le quartier. «Ça n’a pas été tout de suite le coup de foudre !» Puis comment elle s’est attachée à «son esprit petit village» en s’impliquant dans la vie associative.
Comme elle, ils sont une dizaine d’habitants du quartier à participer à un documentaire vidéo sur le Port-du-Rhin. Principalement des jeunes entre 14 et 20 ans. Soutenu par les associations Organisation prévention insertion (OPI) et Moderniser sans exclure (MSE), le projet est chapeauté par Jean-Marie Fawer, un réalisateur professionnel. Avec les habitants, il brosse le portrait du quartier en toute sincérité. Avec ses bons et ses mauvais côtés. «Avant chaque prise, nous nous réunissons dans les locaux de l’OPI Port-du-Rhin-Musau, explique Akhim Rebani, un des éducateurs de l’association. Les participants font le point et réfléchissent à la suite du tournage.» Une progression un peu hasardeuse mais collégiale, qui se fait au rythme de deux après-midi par mois.

Montrer le quartier tel qu’il est

Au cours du brainstorming, les auteurs-acteurs du documentaire choisissent des lieux qui leur tiennent à cœur. Généralement, ce sont les endroits où ils vivent, comme la Cour Migneret. «L’administration a tout recouvert de cette peinture gris sobre. Avant les travaux de réfection, il y avait des fresques colorées», regrette Valentin Bodin, un jeune artiste peintre de 18 ans. Le «Terminus» a également été immortalisé. Ces anciens locaux de la CTS, occupés par l’association Animation Port-du-Rhin, sont le point de rendez-vous des jeunes du quartier: on y organise des fêtes, mais aussi des aides aux devoirs, de la 6e à la 3e. Pour filmer cet endroit, les vidéastes amateurs ont opté pour des images brutes, sans commentaire. «Le documentaire ne doit pas maquiller le quartier, mais le montrer tel qu’il est», explique Mourad Bekkaye, un jeune de 20 ans, qui participe au projet depuis le début.
Ces propos font écho à la médiatisation, en septembre dernier, de l’arrestation d’une bande de voleurs "à la portière" au Port-du-Rhin. «Ici, c’est pas comme les journalistes ont voulu le montrer. Le quartier n’est pas comme ça. Il faut casser les stéréotypes», s’insurge Valentin Bodin. Il fait partie de ceux qui refusent que l’endroit où ils vivent soit stigmatisé, «catalogué».

Au départ, un atelier vidéo

L’idée du film est cependant antérieure à ce coup de filet de la police. Elle remonte à avril 2001, quand des jeunes du quartier ont sollicité l’OPI pour la mise en place d’un atelier vidéo. Au départ informel, le projet s’est précisé petit à petit. L’organisation, qui finance le documentaire à hauteur de 3000 euros, a ensuite contacté Jean-Marie Fawer. MSE Alsace, dont la politique est de «donner à entendre ceux qui n’ont pas la parole», a fourni le matériel nécessaire à la réalisation du film (caméra DV professionnelle et banc de montage). Et le tournage a pu démarrer.
Il reste encore des scènes à filmer pour finaliser le documentaire. Surtout, il faudra monter les rushes. «C’est une étape essentielle. Tous ceux qui ont travaillé sur cette vidéo devront avoir leur mot à dire», précise Akhim Rebanni, toujours prêt à montrer qu’il s’agit d’un travail de groupe. Jean-Marie Fawer espère que le film sera terminé d’ici fin avril. La projection sera ensuite organisée. D’abord pour les habitants du Port-du-Rhin, comme ce fut la cas en octobre dernier pour le pré-montage. Et ensuite peut-être dans d’autres quartiers.
Joffrey Vovos
   
   
«Ce film est un contre-feu»
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Jean-Marie Fawer, réalisateur de "Ça déménage" (1996), "Papa est venu pour travailler" (1997) ou plus récemment, "Ni touristes... ni visiteurs... résidents" (1999), a décidé de s'investir dans le projet pour «le travail formidable que font des éducateurs dans le quartier». Après avoir monté 18 minutes à partir des premiers rushs, il travaille sur de nouvelles scènes avant de s'atteler avec tout le groupe, au montage final.
   
«Si cela me parle à moi, ça parlera à d'autres»
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Jean-Marie Fawer raconte ses impressions au visionnage des rushs puis celles du public et des participants au premier montage.
   
«Valentin, dans son speech, dénonce ce que le pouvoir veut voir des quartiers»
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Jean-Marie Fawer décrit la puissance d'une séquence qui l'a particulièrement marqué.
   
Valentin : «C'est ça que vous voulez entendre ?»

Extrait vidéo du premier montage réalisé. Valentin s'adresse à l'image que le public se fait du quartier du Port-du-Rhin.
Taille du fichier : 1,1 méga.
   
Valentin, Mourad et leurs amis : «Port-du-Rhin, port du rien»

Extrait vidéo du premier montage réalisé. En totale improvisation devant la caméra, les participants racontent le quartier en rappant.
Taille du fichier : 3,3 mégas.
   
Mourad : «Ce quartier, il nous offre rien de bien, au contraire, il nous influence»

Extrait vidéo du premier montage réalisé. Mourad décrit les problèmes liés à son appartenance au quartier.
Taille du fichier : 2 mégas.
   
Valentin, Mourad et leurs amis : «L'Etat tue le quartier»

Extrait vidéo du premier montage réalisé. Valentin et ses amis s'interrogent sur l'utilité de recouvrir leurs tags de peinture "gris sobre" alors qu'ils tentent tout simplement de donner des couleurs au quartier.
Taille du fichier : 2,8 mégas.


 

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   Mercredi 10 Février, 2010   
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