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Stuttgart 2009, Chantiers : Attention dangers
Moteur de la richesse de Stuttgart, l'automobile pourrait devenir le frein de sa mutation. La tertiarisation de la ville, engagée au début des années 90, se poursuit, au risque de la crise. L'arrivée du TGV transformera profondément la ville, même si son futur fait encore débat.




La croisée des rails
100 hectares, un carré d'un kilomètre de côté, une surface équivalente à quatre fois le centre historique de Strasbourg. Tel est le terrain de jeu que la transformation du quartier gare offre aux urbanistes, architectes et autres promoteurs. Si la traversée souterraine de la ville par une voie ferrée permettant la grande vitesse est décidée, la plus grande partie de l'occupation de l'espace qui sera libéré reste à imaginer et à financer.

Questions :
 Un sujet de débat pour les munipales ?
 Quelle raison d'être pour la bibliothèque ?
 Quel intérêt porté à la valeur patrimoniale de la gare ?
 La fin de la culture alternative ?
 Quel horizon pour la nouvelle foire exposition ?



L'emprise de l'étoile
Pendant des années Stuttgart s’est développé au pied des collines, en tournant le dos à ses origines : le Neckar et sa rive gauche. C'est à Canstatt que les fondateurs du lieu, les Romains, s'étaient installés. C'est sur cette rive gauche que Gotlieb Daimler a construit la première voiture moderne. Aujourd'hui Stuttgart et son constructeur phare réinvestissent le lieu avec ambition. Autour d’un stade moderne, ils imaginent un espace dédié au loisirs dont Mercedes veut être l'un des emblèmes.

Questions :
 Comment réanimer une gare désaffectée ?
 Un stade taille patron ?
 La récession comme arbitre ?
 Un tunnel pour mieux respirer ?



Couture sur mesure
Santé, environnement, logement : d’importants chantiers en cours rationalisent des services ou restructurent des espaces.

Questions :
 Quelles nouvelles vocations pour le Killesberg ?
 Hôpitaux et ministères : déménager pour économiser ?
 Quel impact sur le commerce existant ?
 Comment rendre le quartier des musées aux piétons ?

REPERES

Localisation

Politique

Les chantiers

Stuttgart en 5 cartes

De 1250 à 1850

De 1900 à nos jours

Ma ville en images
Martin Krüger, 49 ans, habite dans la région de Stuttgart depuis 1968. Il y travaille comme maître nageur au Mineralbad Leuze, les thermes, situés dans le quartier de Bad Cannstatt. Toujours équipé de son appareil photo, il saisit les endroits qu'il aime et les détails qui le frappent. Il nous présente sa vision de la capitale du Bade-Wurtemberg.

Diaporama: Amandine Schmitt et Joana Jäschke

Démolir, reconstruire
L'architecte Matthias Roser revient sur l'histoire de bâtiments menacés de destrcution. La mobilisation des habitants en a sauvé certains.

Diaporama: Sarah Tuscherer, Joana Jäschke et Amandine Schmitt

Les escaliers, symbole de la ville
La réaction des habitants de Stuttgart sur l'un des plus anciens vestiges de la ville, les escaliers.

Diaporama: Aline Ranaivoson et Anne Ilcinkas

Une ruine chère à mon coeur

De l'ancienne maison de villégiature du roi du Wurtemberg, il ne reste qu'un escalier en ruine au milieu d'un parc. Il faudrait un million d'euros pour le rénover. Un montant ridicule en comparaison au projet Stuttgart 21, selon Reinhold Wengerzik, jardinier du parc.

Diaporama: Sarah Tuscherer et Audrey Richier


L'équipe


Directeur de la publication : Alain Chanel.
Encadrement : Alain Chanel, Olivier Chapelle, Alain Peter.
Avec le concours de Janine Ruf (Adeus).
Rédacteur en chef : Cédric Lang-Roth.
Responsable iconographique : Anne Ilcinkas.
Infographies : Stéphanie Goutte, Sophie Albanesi, Concepcion Alvarez, Floriane Andrey, Delphine Cros.
Réalisation : Sophie Albanesi, Lilian Alemagna, Concepcion Alvarez, Floriane Andrey, Antoine Aubert, Anette Bender, Emilie Bousseau, Aurélien Breton, Romain Chemoul, Régis Croizer, Delphine Cros, Gaëlle Dietrich, Nicolas Ducrot, Julien Fournier, François Gapihan, Stéphanie Goutte, Julika Herzog, Anne Ilcinkas, Joana Jäschke, Cédric Lang-Roth, Sophie Lebrun, Anne-Sophie Legge, Elsa Marnette, Céline Moncel, Imke Plesch, Adrien Potocnjak, Aline Ranaivoson, Audrey Richier, Laurent Rousseaux, Amandine Schmitt, Sarah Tuchscherer, Laurent Verdi.
Développement : Laurent Sauquet


Stuttgart est souvent présentée comme la ville de Mercedes. L'étoile de la marque est partout. (Vidéo : Nicolas Ducrot/CUEJ, Crédit Son : Janis Joplin, Mercedes Benz, Columbia, 1971)

Stuttgart est souvent présentée comme la ville de Mercedes. L'étoile de la marque est partout. (Vidéo : Nicolas Ducrot/CUEJ, Crédit Son : Janis Joplin, Mercedes Benz, Columbia, 1971)
Stuttgart 2009, Chantiers : Attention dangers


« En tant que maire, je me suis donné comme ambition d’émanciper Stuttgart de sa vocation industrielle pour en faire une ville de services et de hautes technologies ». Début 2007, à l’occasion du dixième anniversaire de son mandat, le premier magistrat de Stuttgart, Wolfgang Schuster (CDU) réaffirmait fermement ses priorités en matière de développement économique.
L’évolution de l’emploi au cours de la décennie écoulée atteste, en effet, de la mutation en cours au sein de la capitale du Bade-Wurtemberg. Pour un emploi perdu dans l’industrie, deux ont été créés dans le secteur tertiaire. Cependant, selon Dieter Rentschler, directeur adjoint du service de promotion économique de la ville, ces chiffres ne traduisent pas une réelle émancipation de Stuttgart par rapport au secteur automobile car « beaucoup d’entreprises du tertiaire dépendent en réalité des grands constructeurs et de leurs sous-traitants ».
Moteur de sa richesse, l’automobile pourrait donc devenir le frein de sa mutation. La réforme de la taxe professionnelle et les pertes dues au ralentissement de la production (les usines Mercedes de Sindelfingen et Untertürkheim seront au chômage technique pendant tout le premier trimestre 2009) représentent déjà près de 250 millions d’euros de recettes en moins, soit plus de 12% du budget. Pour faire face à ses engagements, « la ville, actuellement peu endettée, envisage de recourir à l’emprunt pour compenser cette perte », explique Manfred Kanzleitner, chef du groupe SPD au sein du conseil municipal. Mais qu’en sera-t-il pour 2010 quand les effets de la crise se feront vraiment ressentir ? Les élections de juin prochain seront sans doute l’occasion de nouveaux arbitrages dans la politique de la ville. Pour autant les grands projets en cours (Stuttgart 21, Neckarpark, Killesberg) devraient se poursuivre car, s’ils font débat, ils portent avec eux une part importante de la dynamique de Stuttgart. Si l'argent ne manque pas.